Au col de Raffy, à Queyrières, le Suchaillou apparaît comme un petit relief de pierre posé dans la pente. Imaginée par la designer Constance Guisset, cette œuvre-refuge s’inspire directement des sucs volcaniques du Meygal. Sa forme, ses matériaux et sa manière de s’encastrer dans le terrain donnent l’impression qu’elle a toujours appartenu au paysage.
Le projet est aujourd’hui ouvert à tous, toute l’année. Il appartient au parcours artistique Fenêtres sur le paysage, développé sur les chemins de Compostelle. Pour nous, il constitue aussi une réalisation particulièrement importante : le Suchaillou montre jusqu’où peut aller la construction en pierre sèche lorsqu’elle devient architecture à part entière.
Une œuvre-refuge née du paysage du Meygal
Le Suchaillou a été conçu pour dialoguer avec la géologie de Queyrières. Ici, le paysage est marqué par les sucs, ces reliefs volcaniques caractéristiques du Velay. L’œuvre reprend cette présence minérale sans chercher à la copier : elle se glisse dans le terrain et offre, depuis l’intérieur comme depuis ses abords, de nouveaux cadrages sur le paysage.

La présentation du projet par Constance Guisset Studio détaille cette volonté de faire du refuge un petit suc supplémentaire. Derrière Le Hublot présente également l’œuvre, son accès et son inscription dans le paysage du col de Raffy.
Pierre sèche, phonolite et encorbellement
Le Suchaillou concentre un vocabulaire particulièrement riche de la construction en pierre : linteaux, jambages, parements, drains, calade, bancs intégrés et surtout un encorbellement en phonolite. Cette technique consiste à faire avancer progressivement les assises de pierre vers l’intérieur jusqu’à refermer le volume. Elle permet ici de créer un espace habitable tout en conservant la logique constructive d’un ouvrage sans mortier.
La phonolite joue un rôle essentiel dans le projet. Cette roche volcanique locale, qui se débite naturellement en plaques, dialogue avec le basalte et les autres pierres du territoire. Le magazine régional STRADA a consacré un reportage au chantier et aux différentes techniques de pierre sèche réunies dans le refuge.

Un chantier collectif et des savoir-faire locaux
Conçu par Constance Guisset dans le cadre de Fenêtres sur le paysage, le Suchaillou a été réalisé grâce à une équipe locale réunissant plusieurs métiers. La construction en pierre sèche a été confiée à Pierre Sèche Haute-Loire, avec notamment François Januel ; le charpentier David Michel est intervenu sur les éléments bois et la carrière du Pertuis a participé au travail de la pierre. Des élus, des habitants et des élèves du lycée agricole d’Yssingeaux ont également pris part à l’aventure et à l’approvisionnement en matériaux.
Cette dimension collective compte beaucoup dans la lecture du projet. Le Suchaillou n’est pas une forme dessinée ailleurs puis simplement posée dans le Meygal : il résulte d’un dialogue entre une intention artistique, un terrain, des pierres disponibles et des personnes capables de les mettre en œuvre.
Une architecture à habiter : lumière, son et paysage
À l’intérieur, la pierre ne sert pas uniquement de structure. Un oculus en verre grenaillé laisse entrer la lumière et cadre le ciel. Un gong en phonolite permet d’expérimenter les qualités acoustiques de la pierre. Des banquettes-coffres offrent un espace de halte aux marcheurs. À l’extérieur, des bancs jaillissent des murs, une fontaine a été réalisée par l’artiste Lucie Delmas et une calade accompagne le visiteur vers la table d’orientation.

Ce mélange entre fonction, paysage et matière explique pourquoi le projet dépasse le simple registre de la cabane. Il fait de la pierre sèche un support d’expérience : on peut la toucher, l’habiter, l’écouter et regarder le paysage à travers elle.
Fenêtres sur le paysage et les chemins de Compostelle
Fenêtres sur le paysage est une aventure artistique coordonnée par Derrière Le Hublot avec l’Agence française des chemins de Compostelle. Le programme invite artistes, architectes et designers à créer des œuvres-refuges liées aux territoires traversés. L’Agence française des chemins de Compostelle présente le Suchaillou parmi ces œuvres conçues avec des matériaux et des savoir-faire locaux.
En Haute-Loire, le projet associe notamment la Communauté de communes Mézenc-Loire-Meygal, le SIVOM du Meygal, les communes de Queyrières et Saint-Julien-Chapteuil, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le CAUE de la Haute-Loire et les acteurs touristiques du territoire.
Visiter le Suchaillou à Queyrières
Le Suchaillou se situe près du hameau de Raffy, en contrebas de la D18, à environ 2 km du bourg de Queyrières. Il est accessible aux marcheurs et aux visiteurs toute l’année. La commune de Queyrières donne des informations sur l’œuvre et son environnement ; la fiche de My Haute-Loire permet également de préparer une visite.
Le Suchaillou dans la presse et ailleurs
- Constance Guisset Studio – présentation du Suchaillou
- Derrière Le Hublot – fiche officielle de l’œuvre-refuge
- Agence française des chemins de Compostelle – Fenêtres sur le paysage
- STRADA – reportage sur la construction et les savoir-faire de pierre sèche
- Designboom – présentation internationale du projet
- France Inter – Carnets de campagne consacré aux œuvres-refuges
Vous souhaitez imaginer un ouvrage en pierre sèche qui dialogue avec un paysage, un jardin ou un site patrimonial ? Contactez-nous pour en parler.